Avant Noël, 300 locataires ont aménagé dans les trois premiers immeubles réalisés par la Mission Unitainés à Terrebonne, Saint-Hyacinthe et Granby. Huit autres immeubles seront inaugurés d’ici juin 2026 et six autres suivront à l’été 2027 pour un total de 1 700 logements répartis dans dix-sept villes.
Ces logements sont le résultat d’une entente entre la Société d'habitation du Québec et l'organisme sans but lucratif Mission Unitainés mis en place par Luc Maurice, une personnalité connue du monde de l’immobilier. Cette initiative a bénéficié d’une subvention de 370 millions $ et a pour objectif de loger les personnes âgées de 65 ans et plus à faible revenu.
Si l’on se fie aux cinq premiers projets où des logements ont été mis en location, nous constatons que les prix, qui peuvent varier légèrement d’un projet à un autre en fonction des coûts de réalisation, se situant autour de 650$ pour un studio, de 760$ pour un 3 ½ et de 1 060$ pour un 4 ½. Ces loyers incluent l'électricité, l'eau chaude, le chauffage, la ligne téléphonique, l'accès à l'internet ainsi que les électroménagers.
Maintenant, pour déterminer à quels ménages ces logements seront loués, il faut savoir que, même dans le cas où ils sont gérés par des offices d’habitation, rien n’oblige le propriétaire à devoir les offrir aux ménages en attente d’un logement à loyer modique. C’est d’ailleurs la même chose pour les logements abordables réalisés dans le PHAQ.
C’est pourquoi de nombreux offices se sont dotés d’une politique locale d’attribution pour déterminer à qui seront alloués ces nouveaux logements abordables. Ces politiques font en sorte que ce ne sont pas obligatoirement les ménages ayant les plus bas revenus sur les listes d’attente des HLM qui se verront offrir un logement. Les locataires, qui le souhaitent, sont invités à s’inscrire sur une deuxième liste d'attente spécifique au logement abordable avec des revenus admissibles supérieurs à ceux des HLM.
Ainsi, pour prendre quelques exemples, dans le cas d’une personne seule, le revenu plafond est de 30 000 $ à Shawinigan pour un HLM mais de 35 000 $ pour un logement abordable, de 44 000 $ à Montréal pour un HLM et de 58 000 $ pour un logement abordable et de 44 000 $ pour un HLM à Longueuil et de 61 600 $ pour un logement abordable.
Certains responsables à la location nous ont indiqué procéder sur le principe du premier arrivé, premier servi, d’autres songent à ajouter une pondération pour favoriser les citoyen.ne.s de la ville ou du quartier qui a cédé le terrain, d’autres n'ont aucune politique officielle.
Quant à la question de savoir si les 1 700 beaux logements flambant neufs d’Unitainés serviront à soulager la liste d’attente des HLM, ce n'est pas garanti. Même si les responsables à la location ont l’impression « que ces logements seront occupés par des ménages qui seraient admissibles à un HLM ou avec des revenus légèrement supérieurs. », les premières données obtenues sont différentes. Ainsi, par exemple, à l'OMH de Montréal, on nous a indiqué que 5 % des demandeurs provenaient de locataires déjà résidents de HLM, 27 % de ménages en attente d’un HLM et 68 % de l’extérieur. On peut en déduire que même si des loyers à 760 $ tout compris représentent une aubaine par rapport à un marché locatif en plein délire, il n’en demeure pas moins que ce ne sont pas nécessairement les ménages âgés les plus pauvres qui en bénéficieront.
C'est pourquoi la FLHLMQ va faire des représentations auprès de la ministre de l'habitation suite au dépôt du projet de loi (PL 20). Si la Loi est adoptée, le règlement qui viendra ensuite encadrer l'attribution des logements abordables administrés par tous les offices à travers le Québec doit être l'occasion de définir l'abordabilité en fonction de la capacité de payer des locataires et de prioriser les ménages sur les listes d'attente des HLM.
Sur photo: L'immeuble Unitainés de l'OH de Longueuil.