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Ottawa doit en faire plus pour les HLM

Soumis par Rédaction le
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maisons canada

Depuis la fin des années 60, le programme de logements à loyer modique est par définition déficitaire. Chaque année, les locataires à faible revenu paient un loyer fixé à 25 % de leur revenu et les gouvernements assument la différence pour combler le déficit d’exploitation des immeubles.

Cette collaboration des trois paliers de gouvernement au financement du logement HLM se résumait facilement avec la formule du 50-40-10. C’est-à-dire que la facture du déficit d’exploitation était partagée à 50 % par Ottawa, à 40 % par Québec et à 10 % par les municipalités.

Cependant, avec le retrait progressif du fédéral, qui aura cessé tout financement à la fin de 2032, le partage des coûts a radicalement changé. Ainsi dans les données déposées lors de l’étude des crédits de la Société d’habitation du Québec, nous apprenons que le déficit de 340,8 M $ des 60 159 HLM administrés par les offices, en 2025, s’était réparti de la façon suivante : Ottawa : 59,8 M $, Québec : 250,2 M$, municipalités : 30,8 M $.

Le 50-40-10 est donc devenu un 18-73-9. Ottawa a réduit drastiquement sa contribution de 50 % à 18 %, celle de Québec a bondi de 40 % à 73 % alors que celle des villes est demeurée relativement stable entre 10 % et 9 %.

Ce qui, au départ, était un programme à frais partagé entre le fédéral, les provinces et les municipalités est devenu, depuis le retrait unilatéral du fédéral en 1993, une responsabilité presqu’à part entière du gouvernement du Québec. La SHQ évaluait en 2023 à 49,9 M $ l’impact budgétaire du retrait fédéral. Elle calcule qu’il est rendu à 100,3 M $ en 2025.

Nos impôts allant à Québec et Ottawa, il serait parfaitement légitime que le prochain gouvernement du Québec revendique haut et fort que le gouvernement Carney et son agence fédérale Maisons Canada rétablissent l’équilibre dans le financement du maintien et du développement des HLM au Québec.