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Les HLM au Nouveau-Brunswick

Soumis par Rédaction le
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HLM au Nouveau-Brunswick

Le Nouveau-Brunswick, province environ dix fois moins populeuse que le Québec, compte 3 837 logements publics répartis dans 812 immeubles. Ces logements, dont le loyer est fixé à 30 % du revenu des ménages, sont administrés par la Société d’habitation du Nouveau-Brunswick (SHNB). En octobre 2024, la liste d’attente comptait 11 673 ménages, illustrant un grave déséquilibre entre l’offre et la demande en logement social.

Une gestion centralisée

Contrairement au Québec, où la gestion des HLM est confiée à une centaine d’offices municipaux, le Nouveau-Brunswick a opté pour une gestion centralisée. La SHNB est directement responsable de l’ensemble des immeubles appartenant au gouvernement, avec des gestionnaires régionaux répartis dans huit régions administratives.

Dans le cadre d’une entente avec le gouvernement fédéral, 91,3 M $ doivent être investis entre 2019 et 2028 pour la rénovation du parc HLM.

Des lacunes majeures d’entretien

Dans un rapport publié en juin 2025, le Vérificateur général (VG) du Nouveau-Brunswick fait état de graves manquements dans l’entretien des logements publics :

  • 85 % des unités ne respectaient pas les exigences annuelles d’inspection.
  • 71 % des réparations urgentes (à effectuer en moins de 24 h) n’ont pas été réalisées dans les délais.
  • Sur 17 877 travaux classés immédiats, urgents ou prioritaires, 1 285 ont pris plus de 30 jours, et seulement 29 % ont respecté les cibles fixées.

Quatre des huit régions n’effectuaient aucune inspection annuelle, et deux autres limitaient les inspections aux habitations pour personnes âgées, contrairement aux politiques officielles.

Problèmes récurrents de salubrité et de sécurité

Le rapport souligne des retards fréquents dans des situations critiques :

  • 57 % des interventions liées à la moisissure étaient hors délais (jusqu’à un an pour les cas les moins prioritaires).
  • 53 % des demandes pour infestations de parasites (punaises de lit, vermine, cafards) étaient en retard.
  • 28 % des travaux touchant la sécurité incendie ou les ascenseurs ne respectaient pas les échéanciers.

Par ailleurs, une habitation laissée vacante prenait en moyenne 140 jours avant d’être remise en location, accentuant la pression sur la liste d’attente.

Absence de reconnaissance des locataires

Enfin, la Loi sur l’habitation du Nouveau-Brunswick ne reconnaît aucun droit d’association des locataires dans les HLM. Bien que des initiatives ponctuelles aient existé, il n’existe ni associations reconnues, ni comités consultatifs de résidents (CCR), ni fédération provinciale des locataires dans le parc public. Les résidents n’ont donc aucun rôle formel dans la gestion de leur milieu de vie.

Il existe donc des ressemblances mais aussi des différences importantes entre les HLM du Nouveau-Brunswick et ceux du Québec. D’ailleurs, le Québec est la seule province au Canada à avoir une fédération des locataires dans le logement social. Ce qui explique nos difficultés à faire alliance avec d’autres locataires de HLM quand vient le temps de faire pression sur le gouvernement canadien.