Le ministre fédéral du Logement, Gregor Robertson, et la ministre provinciale de l’Habitation, Caroline Proulx, ont annoncé mercredi la signature de l’entente Québec-Canada pour Maisons Canada : 13.5 milliards $ pour le logement, en plus d’1 milliard pour des infrastructures liées au logement. Comme souvent dans ce genre d’entente, les détails restent à venir !
Chose rassurante, l’entente a été signée rapidement et Québec sera la première province à négocier sa part du gâteau. Selon la ministre Proulx, il est même possible que Québec aille chercher plus que son poids démographique. D’ailleurs, toujours selon la ministre, des projets de plus de 2 milliards $ pour 12 000 logements ont déjà été déposés par la SHQ. Le Québec a aussi obtenu un droit de véto sur les projets qui se construiront et la SHQ pourra donc orienter le type de logements que Maisons Canada financera.
Ceci dit, beaucoup de choses sont moins rassurantes ou du moins, doivent encore être confirmées. La définition fédérale de l’abordabilité est inquiétante. Ce dont nous avons besoin, ce sont des logements qui respectent la capacité de payer des locataires (25% des revenus) et non pas des loyers fixés selon le marché. Ensuite, on ne sait pas quels sont les projets que la SHQ a déposés. Parle-t-on des 9 000 logements abordables que Québec prévoit déjà construire cette année ? Quelle proportion de ces projets sont gérés par des OH et-ou s’adressent à des ménages sur les listes d’attente ?
Une opportunité de répondre à la crise de l’abordabilité
Comme la première génération de HLM a été construite grâce à un programme fédéral et des conventions fédérales-provinciales, Maisons Canada doit être l’occasion de revenir à cette vielle recette qui loge son monde !
La SHQ doit aller s’assoir à la « table de collaboration » afin de s’assurer que :
- Maisons Canada finance les projets par des subventions à la réalisation pour faire réellement descendre le prix des loyers et pas seulement des prêts ou autres produits financiers;
- Maisons Canada doit financer des projets qui répondent aux besoins : pourquoi ne pas utiliser les listes d’attente des offices pour prioriser les projets ?
- Maisons Canada doit financer des logements sociaux qui resteront sociaux. Une des meilleures garanties pour la pérennité des projets passe par une gouvernance publique (les offices) qui implique les locataires dans la gestion (sur les CA, dans les associations et les CCR).
Bref, Maisons Canada doit permettre le retour d’un programme HLM au Québec ! C’est un mandat pour la SHQ.