Une demande a été adressée à la FLHLMQ par le groupe d’intervenant·es de Lanaudière afin de clarifier leur rôle en tant qu’intervenant·e communautaire en lien avec les CCR. Quel est leur mandat ? Que signifie l’autonomie des CCR ? Que veut dire soutenir un CCR ? Quelle est la place des intervenant.e.s ? Toutes ces questions sont très légitimes . En effet, le rôle des personnes invitées dans un CCR est simple en théorie, mais peut devenir complexe à comprendre et à mettre en pratique.
L’autonomie veut dire que les membres du CCR sont les mieux placés et les plus légitimes pour décider pour eux-mêmes. Parfois, comme personnes extérieures et invitées, nous pensons que les décisions prises ou les façons de faire ne sont pas les meilleures. Il est toutefois judicieux de ne pas se positionner comme expert.es lorsque nous soutenons un groupe pour ne pas nuire au développement de l’autonomie collective.
Soutenir, c’est prendre le temps d’observer, de bâtir un lien de confiance, informer sur les procédures et les droits, et d’accompagner selon les besoins afin de faciliter la vie associative. Cela peut inclure, la rédaction des procès-verbaux, la réservation de salles ou l’aide à la préparation de l’ordre du jour. Notre place comme invité.e, dépend donc de ce que les CCR attendent de nous. Bien entendu, nous pouvons intervenir lorsque nous jugeons pouvoir apporter une contribution constructive, toutefois les CCR ont aussi le droit de ne pas nous inviter ou de ne plus le faire, s’ils le souhaitent.
Ils ont aussi la possibilité d’aller faire des demandes externes, comme avec des organismes ou le CISSS/ CIUSS de leur région, pour obtenir du soutien communautaire. Même si cela peut-être confrontant comme travailleur.ses, le CCR est dans son droit.
Que faire en cas de conflits
Lorsqu’il y a des conflits, des enjeux organisationnels ou des plaintes de locataires, il est important de rappeler aux locataires que l’autonomie s’accompagne de responsabilités. Si des locataires sont insatisfaits de ce qui se passe dans leur association ou leur CCR, il leur appartient d’entreprendre les actions nécessaires pour créer du changement.
Notre rôle, dans ces situations, est précisément de soutenir les personnes dans l’exercice de leur pouvoir collectif, de vérifier les règlements généraux, de proposer l’adoption d’un code de vie/ d’éthique, de rappeler les actions possibles et, si cela est demandé, de faciliter des assemblées.
Pour conclure, rappelons-nous que nos exigences et nos attentes quant au fonctionnement des CCR ou des associations sont parfois élevées. Est-ce que nous ferions dans les mêmes conditions ? Les membres des CCR et associations sont des bénévoles qui ont à cœur leur milieu de vie et l’amélioration de leur environnement, leur dévouement est admirable et indispensable.
Certes, certains CCR ou associations fonctionnent mieux que d’autres mais ceci, n’est pas différents des autres espaces organisationnels dans notre société. Qui peut réellement affirmer savoir s’organiser collectivement sans enjeux de pouvoir, communiquer toujours clairement et de façon bienveillante ses opinions et ses désaccords, établir des priorités communes et mettre en œuvre un plan d’action avec des personnes qui n’ont pas toujours d’affinités personnelles ?
C’est pourtant ce qui est attendu des CCR. Un objectif noble, certes, mais qui représente un défi et un processus d’apprentissage continu.
Sur la photo : des locataires de Lanaudière lors de la Tournée 2026