La FLHLMQ défend l’urgence de construire de nouveaux HLM
En octobre 2002, le gouvernement du Québec a tenu une Commission parlementaire sur les solutions à apporter à la pénurie de logements locatifs qui sévit dans presque toutes les grandes villes. Voici un bref résumé de la position que la FLHLMQ a fait valoir.
À l’approche des prochaines élections au Québec, c’est une bonne chose que les différents partis réfléchissent aux principaux problèmes vécus par les citoyens et citoyennes. Dans la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, le logement social joue un rôle structurant extrêmement important. On aura beau parler de lutte au décrochage ou de réinsertion par l’emploi, sans un toit pour se loger, tout cela ne demeurera que des mots.
Au même titre que les hôpitaux et les écoles publiques, les HLM constituent un maillon important de notre filet de protection sociale. Avec la pénurie actuelle de logements, il est essentiel que la Société d’habitation du Québec puisse, comme le précise les objets de sa constitution, : « mettre à la disposition des citoyens du Québec des logements à loyer modique ››. Le principal problème avec les HLM, c’est qu’il ne s’en fait plus aucun depuis 1994. Ce n’est donc pas le fruit du hasard, si 25 000 ménages moisissent sur des listes d’attente dans l’espoir d’avoir accès à un HLM.
Le marché privé ne marche pas
Dans le domaine de l’habitation, comme celui de la santé et de l’éducation, il est devenu à la mode de rechercher des solutions innovatrices du côté de l’entreprise privée. Pourtant, le marché privé possède déjà 90 % du secteur locatif, ce qui ne l’a pas empêché de produire la crise du logement que nous connaissons aujourd’hui. Le Québec commence à ressembler à plusieurs provinces canadiennes et états américains où des familles complètes se retrouvent sans logis, incapables de payer le prix du marché.
Lorsque l’on manque d’écoles ou d’hôpitaux, on ne se place pas passivement comme société à la remorque du privé dans l’attente que celui-ci y trouve son compte. Si le marché privé locatif s’avère incapable de fournir un nombre suffisant de logements à bas loyer, il revient à l’État d’intervenir pour voir à combler un besoin aussi essentiel. C’est pourquoi nous appuyons la demande du FRAPRU qui convie la société québécoise à relever le défi collectif de mettre en branle un grand chantier de logements sociaux afin de réaliser chaque année 8 000 nouveaux logements sociaux, dont la moitié en HLM. Ainsi nous ferons d’une pierre, trois coups : lutte contre la pénurie de logements locatifs, lutte contre les logements trop chers pour 300 000 ménages québécois et lutte contre la discrimination.
Cette demande est très réaliste puisque c’est exactement le nombre de logements sociaux que les gouvernements de Québec et d’Ottawa réalisaient conjointement au début des années 80. La crise actuelle justifie amplement un retour à de tels investissements évalués à environ 400 millions $ par année. Si Ottawa n’avait pas cessé unilatéralement toute participation à la construction des logements sociaux en 1994, nous aurions aujourd’hui 50 000 logements sociaux de plus et nous n’aurions pas besoin de tenir une Commission parlementaire pour chercher des solutions à la pénurie de logements.
Les coûts du logement social
Il faut cesser de considérer le logement social comme une simple dépense, il représente plutôt un investissement qui apporte un bien durable aux collectivités.
De plus, il est faux de prétendre que le logement HLM coûte beaucoup plus cher que les formules d’aide au secteur privé. Ainsi, par exemple, le HLM de 49 logements pour personnes âgées « L’accueil » de Longueuil ne coûtait que 61.50 $ par mois par logement en 1995. Les 391 logements du Jardins Mont-Bleu de Gatineau, n’étaient déficitaires que de 37,87 $ en 1993. Un immeuble de 20 logements pour familles, les habitations Rolland Vigneault, construit en 1981 à Trois-Rivières, ne coûte que 136 $ par mois en 2002. Au fur et à mesure que les coûts de financement des hypothèques diminuent, le déficit d’exploitation diminue également.
Dans le cas de l’allocation-logement ou du supplément au loyer privé, les coûts de ces programmes ne peuvent qu’augmenter d’année en année en fonction des hausses de loyer dans le secteur privé locatif et ils n’apportent aucun actif. Ainsi une étude de la SHQ indiquait que « lorsque la période couverte par l’entente avec la SCHL sera terminée, les immeubles construits dans le cadre du programme HLM seront la propriété de la SHQ bien qu’elle n’ait défrayé qu’une partie (31 %) des coûts ».
Le parc de logements sociaux ne représente qu’environ 10 % du parc de logements locatifs au Québec. C’est bien peu par rapport à plusieurs pays d’Europe qui ont 30 % ou même 40 % de logements sociaux.